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le blog de villegu

La pratique du dilemme moral à l'école.

26 Janvier 2010 , Rédigé par C.Leconte Publié dans #Instruction civique et morale


penseur-auguste-rodin.jpg Le Penseur de Rodin (bronze 1882)

Les élèves de GS/CP travaillent en instruction civique et morale à partir de dilemmes moraux.

Petites explications d'un dispositif élaboré d'après les travaux de Kholberg extraites du site de Thierry Bour...


C’est quoi un dilemme moral ? 

Le dilemme moral est une courte histoire contenant un personnage ayant à faire un choix de conduite pour résoudre un problème moral. Cette histoire se termine toujours sur une question morale : que devrait faire le personnage ? Les élèves sont alors invités à répondre, de manière interactive, en exprimant des jugements moraux sur la conduite que le personnage devrait adopter. »

 

Un exemple pour comprendre.

L'un des dilemmes le plus fameux est Le cas de Heinz. Il raconte que la femme de Heinz se meurt d'une maladie rare tandis qu'un pharmacien, par intérêt financier, refuse de vendre à son mari le remède qu'il a découvert. L'élève doit se demander si Heinz doit dérober le médicament.

La démarche suivie ne cherche pas à conduire les enfants à prendre partie d'un point de vue moral. Les histoires brèves proposées visent à mener les élèves vers une réflexion conceptuelle. On pourrait parler de « situations de conceptualisation ».

 

Comment travaillent les élèves ?

On propose des situations courtes (écrites, orales, théâtrales etc.) mettant en scène un ou plusieurs personnages. Chaque situation met en jeu implicitement un concept. Elles ne constituent pas en elles-mêmes une situation-problème.

Une question est proposée à l'issue de la présentation de la situation. C'est elle qui soulève le problème et oriente la réflexion de l'élève vers le concept que l'on souhaite travailler.

La dissociation de la situation et de la question facilite la conceptualisation.

Après la phase d’appropriation (compréhension de la situation exposée), les élèves sont invités à répondre à un problème relatif au concept qui fait l'objet de l'étude : c’est la « question «  qui prend la forme de deux possibilités constituant le dilemme. Les élèves devront travailler sur les deux possibilités. Les possibilités sont imposées. Ceci permet aux élèves de se libérer du poids de la « morale ».

 La phase d'argumentation peut alors avoir lieu. Elle se déroule en trois temps :

-        un temps de réflexion individuelle durant lequel l'élève peut réfléchir seul au concept mis en jeu. L'élève répond par écrit à la question posée. Ce moment fondamental lui permet de clarifier son point de vue personnel et se construire un argumentaire. Ainsi, il ne se trouve pas à court d'éléments lors de la phase d'échange qui suit. Bien sûr, pour de jeunes élèves qui ne maîtrisent pas assez l’écriture, le soutien de l’adulte est important.

-        un temps de débat en petit groupe qui conduit chacun à confronter son avis à celui des autres. Une affiche ou un document de synthèse des idées est élaboré à la fin des échanges. Il reprend et regroupe les points de vue et les arguments énoncés.

-        un temps de débat de toute la classe. Un rapporteur de chaque groupe expose au reste de la classe les résultats des échanges à partir du document de synthèse ou de l'affiche. Chaque opinion ou argument est à nouveau examiné par l'ensemble des élèves.

Les idées sont reprises et regroupées au fur et à mesure par l'enseignant au tableau. Ce système en entonnoir permet de parvenir à une synthèse générale de l'ensemble des opinions et des arguments. Cela peut constituer la trace écrite ou bien permettre d'élaborer à la fin une ou plusieurs acceptions du concept. Dans la mesure où l'activité cherche à faciliter la construction individuelle et personnelle des concepts, la rédaction d'une trace écrite terminale destinée à l'élève n'est pas indispensable. Elle ne saurait faire l'objet d'un apprentissage et d'une évaluation a posteriori. En effet, il serait déraisonnable de penser pouvoir faire établir une définition définitive et universelle de la liberté. Il s'agit donc bien, lors du débat, de permettre aux élèves de clarifier le concept et d'en explorer les différentes dimensions.

Enfin, la phase de travail en groupe peut être supprimée, mais elle favorise la participation de tous et aide à la tenue du débat final avec une trentaine d'élèves.

Au terme du débat, les élèves ont donné la définition suivante du concept :

Partant de la réflexion individuelle, la pratique du dilemme moral représente un nouveau type de pédagogie différenciée en Education civique ; domaine dans lequel l'individualisation n'a paradoxalement que rarement cours. Ce travail paraît également important puisqu'il permet à l'élève de percevoir le sens et l'enjeu des valeurs avant d'en étudier la place dans notre société.

En savoir (beaucoup) plus ?

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